Appel à projets Sciences et recherches participatives 2026 : découvrez les projets lauréats

Le
Science avec et pour la société
Nuit des chercheurs 2022

Dans le cadre de la labellisation Science Avec et Pour la Société (SAPS) par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche du projet STREAMS, l'Université Bretagne Sud et l'Université de Bretagne Occidentale, ont lancé en juin 2026 un appel à projets dédié aux sciences et recherches participatives ainsi que toutes autres déclinaisons telles que sciences collaboratives, sciences co-créatives, etc.

Selon la charte des Sciences et recherches participatives (SPR) en France :

« Les sciences et recherches participatives sont des formes de production de connaissances scientifiques auxquelles participent, de façon active et délibérée, des acteurs de la société civile, à titre individuel ou collectif. »

Cet appel avait ainsi pour objectif d’accompagner les chercheuses et chercheurs qui souhaitent s’impliquer dans la production et le partage des connaissances scientifiques ou encore au renforcement du dialogue entre science et société. 

Pour cette première édition, 13 projets ont été déposés par les membres de l’UBO et de l’UBS. À l'issue du comité de sélection qui s’est tenu le 30 juin 2026, 8 projets ont été retenus, dont 3 portés par des scientifiques de l’UBO.

Découvrez les projets lauréats

PRATIQ : Enquêter et agir sur l'autoproduction alimentaire dans le pays de Mauron (56)

Edith Gaillard, maîtresse de conférences en sociologie au Laboratoire d’études et de recherche en sociologie (LABERS)

Mots-clés : Pratiques vivrières - autoproduction alimentaire - territoire - habiter - ruralité - commun

Les pratiques vivrières et de l’autoconsommation restent peu explorées par les politiques publiques contemporaines de l’alimentation. Peu influentes économiquement et ne représentant probablement qu’une part marginale de l’alimentation, elles ont été mises à l’écart des préoccupations malgré le fait qu’elles cumulent des enjeux certains, et notamment en milieu rural (attention à l’environnement, santé/bien-être, nutrition, lien intergénérationnel, précarité alimentaire, mode de vie de la ruralité...).

Dans un contexte de crise écologique qui pointe l’idée d’une asymétrie ou d’un décalage entre des modèles de productions sans limite et les contraintes objectives des limites planétaires, les pratiques vivrières, d’autoproduction alimentaire et d’autoconsommation peuvent-elles être des leviers pour reprendre du pouvoir sur une alimentation et envisager des pratiques alternatives aux modèles agro-industriels et capitalistes. Peuvent-elles être un levier pour mener au développement d’un nouveau modèle alimentaire ?

Le projet PRATIQ envisage de conduire, par une recherche participative, une action structurante à une échelle intercommunale sur le sujet de l'autoproduction alimentaire avec les habitantes, habitants et les acteurs œuvrant sur l'alimentation pour que via la transmission des savoirs, les pratiques et usages du territoire, les pratiques vivrières et leur consommation deviennent une préoccupation collective sur un territoire. Le projet a pour ambition de répondre aux divers enjeux alimentaires (petits budgets, prescriptions sanitaires et environnementales en matière d’alimentation…) et de renforcer « l’habitabilité » des territoires ruraux, en créant et/ou en visibilisant des « lieux communs », grâce à une démarche d’aller-vers, de pédagogie sociale et d'éducation populaire.

Keya, la sagesse des étoiles

Estelle Castro-Koshy, codirectrice et chercheuse du programme ERC OSPAPIK, Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC)

Mots-clés : Pollution de l’espace - savoirs astronomiques - savoirs autochtones - multisensorialité

La pollution spatiale est peu connue ou méconnue du grand public. Les ressources sur les savoirs astronomiques autochtones sont rares. Le projet « Keya, la sagesse des étoiles » permettra de co-élaborer le premier livre tactile illustré et multisensoriel sur l’astronomie culturelle et la pollution de l’Espace grâce à des ateliers de design participatif. L’ouvrage sera destiné à un large public, intergénérationnel, à partir de six ans, et notamment des personnes malvoyantes et non-voyantes ainsi que sourdes et malentendantes. 

L’objectif des ateliers participatifs est de mettre en situation les participantes et participants, en les amenant à faire l’expérience du sujet par divers dispositifs, de tester les premières esquisses et pages prototypées du livre tactile et de les inviter à y contribuer par des retours d’expérience.

L’enjeu est de faciliter la transmission de savoirs scientifiques sur l’astrophysique, l’astronomie culturelle via les arts et le design participatif, pour un large public. L’objectif est d’amener des personnalités (professionnels, artistes, experts, etc.) reconnues pour leur savoir sur les étoiles et l’Espace à échanger avec des publics prioritaires en vue de lire et de produire des récits textuels, enrichis d’illustrations texturées et de récits sonores.

Le processus de design participatif permet que le sujet (que ce soit un outil lié à l’activité spatiale, un déchet marin, ou un autre patrimoine matériel et/ou immatériel) et des œuvres d’art, soient décrits, touchés, humés, transformés, suscitant une acquisition d’informations.

Mémoires des Roches

Baptiste Colin, maître de conférences en aménagement de l’espace et urbanisme, laboratoire Géoarchitecture

Mots-clés : Histoire sociale locale - mémoire - patrimoine (bâti et naturel) - aménagement du territoire - tourisme - écologie sociale et environnementale

Le territoire de Douarnenez est, depuis juin 2025, le théâtre médiatique, politique et judiciaire d’un projet du Conseil départemental, qui a fait l’acquisition du site des Roches Blanches, avec l’objectif d’opérer la renaturation et la restauration écologique des parcelles achetées, au titre de sa préemption d’un espace naturel sensible, accompagné par le Conservatoire du littoral.

Sur le site est implanté le centre de colonie de vacances des Roches Blanches constitué de 5 bâtiments, construits au cours des années 1960. Cet ensemble, dans les termes du projet du Département, doit être démoli.

Ces espaces sont, depuis une quinzaine d’années, squattés par un collectif qui a entretenu les bâtiments depuis les débuts de l’occupation (le site étant particulièrement exposé aux aléas météorologiques) et entrepris de se rendre propriétaire des lieux après l’annonce d’une vente aux enchères finalement rendue caduque.

Au-delà de la démarche scientifique en phase d’émergence et initiée sur les traces de cette histoire de près d’un siècle d’aménagement du territoire littoral de la baie de Douarnenez, l’attention du projet “Mémoires des Roches” porte sur la proposition d’une enquête sur la mémoire et la perception du site, sur l’étude des réalités et des représentations des formes marginales d’habiter sur ce site, dans la tradition des mouvements squatteurs, enfin sur la production de connaissances sur l’écologie sociale des acteurs et des activités qui se sont développées sur le site depuis une quinzaine d’années.

Dossier de presse ubo-cp-aap-saps-04-09-26.pdf (341.84 Ko)